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« Chez nous, on roule à mbeba », Jean Goubald

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Il est l’une des valeurs sure de la musique congolaise, connu en Afrique et même en dehors du continent. Jean Goubald KALALA a partagé avec VOILA NIGHT sa vision en tant qu’artiste, et nous a parlé de sa passion pour ce qu’il sait faire le mieux, à savoir la musique.

Mais il s’exprime aussi à propos de son souci pour sa nation en tant qu’éducateur de masse. Après son premier album ‘’Bombe anatomique’’, un opus qui a été très bien accueilli par le public du fait de sa richesse tant dans les mélodies que dans les compositions comme le titre « Bayibi nga bomwana », « Elou », « Africando » et autres ; Jean Goubald revient à nouveau avec un autre album intitulé « Normes » qui est, comme vous l’avez deviné, un appel à la droiture et à la logique. Nous l’avons rencontré pour vous, voici l’interview qu’il nous a accordée.

Voilà : bonjour Jean Goubald, quelle est votre actualité?

Jean G. : Bonjour. Mon actualité, c’est la musique et ça l’a toujours été. Je fais des concerts chaque jeudi à l’espace Sai-saï à Ma campagne et les samedis, je suis à Mikeno Lodge dans la commune de Kasavubu. Et je viens de sortir un album qui s’intitule Normes puis il y a une autre actualité qui est un peu plus personnelle, c’est mon cours de philosophie… et voilà !

Voilà : dernièrement, on vous a retrouvé sur scène dans un concert au Romeo Golf, c’était dans quel cadre ?

Jean G. : c’était dans le cadre d’une collecte des fonds à récolter pour aider les femmes qui ont été violées à l’est de notre pays. Et j‘ai répondu présent.

Voilà : parlons de Normes, votre actuel album sur le marché ; pourquoi cet intitulé ? Quel est le message contenu dans cet album ?

Jean G. : Normes, c’est un message qui m’a toujours tenu à cœur. Il y a une certaine façon de faire les choses dans laquelle nous sommes en train de sombrer sans faire attention aux normes voulues pour ces choses. Nous faisons des choses à notre manière alors que nous devrions suivre les normes. Nous pouvons illustrer cela par l’exemple de l’utilisation d’un médicament, nous ne le prenons pas n’importe comment. Nous nous referons toujours à des notices qu’on appelle Mode d’emploi ou posologie. Même quand on achète une télévision, nous ne l’allumons pas sans avoir lu la notice qui nous guide pour son utilisation. C’est ça que j’appelle Normes. Vous verrez sur la pochette de l’album une image qui montre le rail de train pénétrer dans mon torse. C’est pour dire que si on veut faire circuler son train à travers l’Afrique, on doit suivre une certaine dimension de rails. Par ce que si nous avons notre dimension de rails à nous, le train ne pourrait pas aller ailleurs.

Voilà : pouvons-nous avoir quelques exemples concrets à puiser dans la société par rapport à ce que vous entendez par ‘’faire des choses à notre manière’’ ?

Jean G. : déjà, il y a de dictons comme « Chez nous, on roule à mbeba », et on le sait qu’évidemment chez nous, on roule à mbeba.

Voilà : ça veut dire quoi ?

Jean G. : ça veut dire qu’on est gauche et qu’on n’est pas dans la norme. Il y a chez nous des expressions telles que : « yo mutu okobongisa mboka oyo ? », c’est-à-dire, ‘’c’est toi qui va arranger ce pays’’ ? Si on dit ça, c’est parce qu’on le sait dans la normale. Il y a plein de choses comme ça qui se greffent et qui sont inculquées dans la pensée du congolais qu’on doit déloger. Et puisque le congolais ne lit pas trop mais qu’il écoute un peu plus les chansons, il faut qu’on le fasse avec la chanson.

Voilà : combien de titres comporte l’album ? Et où est-ce qu’on le retrouve ?

Jean G. : il y a dix titres dans l’album. Pour le retrouver là où je fais des concerts, c’est-à-dire à Mikeno Lodge et Sai-saï. Il y a aussi un coin à Lemba, du côté de la place de l’indépendance.

Voilà : dans un des morceaux de votre album « Normes », vous avez sollicité le concours de Lokua Kanza ; pourquoi ce choix particulier ?

Jean G. : Evé, c’est le titre de la chanson. Lokua, je suis un fan de lui déjà. Et puis, nous nous entendons très bien. Facilement, on a parlé de la collaboration et il a facilement accepté aussi. Puis voilà, on l’a fait.

Voilà : Normes est sorti près de dix ans après Bombe anatomique. Pourquoi avez-vous mis autant d’années sortir un nouvel album ?

Jean G. : huit ans pour être précis. J’étais en train de chercher à avoir des créneaux pour sortir le premier album dans les circuits. J’en ai presque trouvé mais on continu à chercher. Mais rassurez-vous, je me suis dit que je ne vais plus passer assez de temps pour faire suivre les albums. Pour les prochains, je mettrai peu de temps.

Voilà : on vous reproche d’être très rare sur scène pour des concerts publics, un peu comme l’okapi dans la planète ; pourquoi vous vous ne produisez presque jamais dans ces genres de concert comme les autres ?

Jean G. : c’est bien cet exemple de l’okapi. Mais l’okapi, on le protège. Nous par contre, on ne nous protège pas. Premièrement, il n’y en pas de producteur. Sinon, les quelques rares producteurs qui sont là ne sont pas soutenus par l’Etat. Et le sponsoring qu’on avait, on va dire que ça se présentait comme une affaire des blancs. Je fais plutôt des concerts tous les jeudis et samedis à Sai-saï et Mikeno Lodge. Ce sont des concert-répétitions pour un public qui nous connait mais pour des concerts ouverts à un large public, il faut qu’il y ait des structures qui impliquent les producteurs. Déjà, on a dit qu’il y en a très peu ; et qui n’ont peut-être pas les moyens qu’il faut. Voilà, c’est pour cela que ces histoires sont gérées par les brassicoles. On a eu la chance de travailler avec eux mais c’était le choix d’un mundele et non celui d’un muana mboka.

Voilà : vous aimez beaucoup la philosophie, pourquoi vous accordez une telle importance à ce domaine ? Qu’est-ce que vous recherchez ?

Jean G. : chaque fois que je me dis que j’ai comme l’impression que la raison est venue en vacances au Congo, ça m’énerve. Alors je suis dit qu’il faut que j’aille quelque part où on exerce la raison, quelque part où on réfléchit. Et j’ai trouvé comme ça un endroit où tout cela est possible, c’est la faculté de la philosophie. Je me suis intéressé et me suis inscrit.

Voilà : avez-vous des projets, à court et à moyen terme ?

Jean G. : les projets, c’est l’album qui suivra sur lequel je travaille déjà. Et puis, il y a l’album qui est sorti et que l’on accompagne pour la promotion. Enfin, j’ai d’autres petits projets qui n’ont rien à avoir avec la musique.

Voilà : un petit mot pour conclure ?

Jean G. : ce que vous faites est à encourager. Nous vous encourageons parce qu’en le faisant, nous nous encourageons à aller de l’avant par vous. C’est-à-dire que vous nous aidez à nous aider. Merci à vous ; allez de l’avant et nous sommes ensemble.

Merci

 

 

 

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